NÉO-LATINE (LITTÉRATURE)


NÉO-LATINE (LITTÉRATURE)
NÉO-LATINE (LITTÉRATURE)

Langue de l’Église et de l’école, le latin a été écrit et parlé sans interruption depuis la fin de l’Empire romain; au XIIe siècle encore, on lit non seulement les Pères de l’Église mais aussi Virgile, Ovide, Cicéron, et on s’inspire d’eux. Pourquoi donc qualifier de néo-latine la littérature qui naît avec Pétrarque, s’épanouit en Italie au XVe siècle, brille au XVIe siècle dans toute la chrétienté, donne encore de beaux fruits au XVIIe siècle, puis dépérit jusqu’à sa présente agonie? Parce qu’elle est fondée sur la prise de conscience par Pétrarque d’un gouffre: une grande partie de la littérature ancienne a péri, le latin que l’on utilise, celui des scolastiques, est barbare par son vocabulaire et sa syntaxe; on méprise la poésie et l’éloquence; théologiens et juristes ne cherchent qu’à démontrer, non à plaire ou à émouvoir. Pétrarque est comme exilé dans son temps; ses vrais contemporains sont les poètes et prosateurs de la Rome classique. C’est sur leur modèle qu’il s’efforce lui-même d’écrire, et avant tout sur celui de Cicéron dont la musique l’avait charmé dès l’enfance et dont il redécouvrit le Pro Archia et les Lettres à Atticus . La littérature néo-latine est née de cette nostalgie.

Mais Pétrarque est également blessé dans son patriotisme: jadis maîtresse du monde, l’Italie a perdu sa gloire et peut-être sa virtú : elle est déchirée en petits États tandis que la papauté, exilée à Avignon, est corrompue (lettres Sine nomine ). Mêlés au goût de la retraite et de la nature, à la passion de la gloire et au sens du péché, ces thèmes nourrissent l’œuvre latine. Pour héros de son épopée Africa , Pétrarque avait choisi Scipion, libérateur de l’Italie; mais il comprit son échec et laissa l’œuvre inachevée. Les églogues allégoriques du Carmen bucolicum évoquent les vocations contrastées du poète et de son frère moine, ainsi que son couronnement au Capitole, la Grande Peste, le tombeau de Laure, Cola di Rienzo, éphémère restaurateur de la République romaine, et l’état de l’Église. Les Épîtres métriques déplorent à la fois les malheurs de l’Italie et la tristesse qu’éprouve le poète d’être né à pareille époque. En prose, De remediis utriusque fortunae réunit des dialogues entre Joie ou Espoir et Raison sur la jeunesse, la beauté du corps, l’amour, la gloire, la paix de l’âme, etc. Dialogue avec saint Augustin, le Secretum est un examen de conscience: sentant venir la mort, le poète confesse avoir péché par désir de l’amour et de la gloire. La Vita solitaria plaide, à grand renfort d’exemples historiques, pour la retraite et la vie loin du monde.

Quant à son De viris illustribus , il incita Boccace à compiler De casibus virorum illustrium , De claris mulieribus , un répertoire géographique et un dictionnaire mythologique, Genealogia deorum gentilium . De Pétrarque procède également la brillante littérature latine de l’Italie au XVe siècle.

1. La prose latine en Italie (XVe s.)

Ces écrivains sont rarement clercs comme Aeneas Silvius Piccolomini, auteur d’un roman d’amour et futur Pie II (1405-1464), mais souvent hommes d’État, tels C. Salutati (1331-1406) et L. Bruni (1370-1444) à Florence, G. Pontano (1426-1503) à Naples; employés laïques à la curie comme Pogge (1380-1459), L. B. Alberti (1404-1472), L. Valla (1407-1457), Platina (1421-1481); ou encore professeurs: Guarino de Vérone (1374-1460), F. Filelfo (1398-1481), C. Landino (1424-1498), E. Barbaro (1453-1493), A. Politien (1454-1494). Galateo (1444-1517) est médecin à la cour de Naples; M. Ficin (1433-1499) traduit Platon et les néo-platoniciens sous la protection des Médicis. Pic de la Mirandole (1463-1494) était comte de la Concordia.

Quant aux genres pratiqués, ils relèvent de l’art oratoire: discours d’apparat (leçons inaugurales), dialogues à la manière de Cicéron, quelquefois de Lucien (Alberti, Intercoenales ), où parfois un même personnage soutient successivement deux points de vue opposés: chez Bruni, Niccolo rabaisse puis exalte Dante, Pétrarque et Boccace; chez Pogge, l’amour de l’argent est loué, puis blâmé; ce sont exercices de virtuosité dans l’art d’argumenter. Dans ces œuvres, l’histoire tient une grande place, soit que l’auteur raconte ce qu’il a vu ou fait (Pie II, Commentarii ), soit qu’il utilise des sources anciennes, soit qu’il combine les deux perspectives (Platina, Vies des papes ). Mentionnons certains traités: Elegantiae linguae latinae de Valla, De re aedificatoria et De pictura d’Alberti, et certains auteurs encore à demi-scolastiques: Nicolas de Cuse (1401-1464), Rhénan de Rome à qui le pseudo-Denys inspire De docta ignorantia , Ficin avec Theologia platonica , De sole , De lumine , De triplici vita , Pic: De dignitate hominis (libre, l’homme se fait lui-même par ce qu’il fait), Heptaplus (sept exégèses de Gen., I, 1-31, conciliant Platon, Aristote, hermétisme, révélation chrétienne et kabbale), De ente et uno , Disputationes in astrologicam diuinatricem . La lettre est un genre florissant: Pogge décrit les bains de Baden, comme un éden retrouvé, ou le supplice de Jérôme de Prague; d’autres argumentent: Pic plaide en faveur du style scolastique pour la philosophie, alors que Barbaro veut que l’éloquence se joigne à la philosophie; Cortese demande que l’écrivain prenne modèle sur la langue et le style du seul Cicéron, Politien prône un éclectisme qui permette l’expression de la personnalité.

Dans beaucoup de ces œuvres transparaissent les problèmes de la société et des États italiens: on est pour ou contre Florence et son régime républicain, pour ou contre les Médicis. Dans sa Déclamation (discours fictif) contre la prétendue donation de Rome par Constantin, Lorenzo Valla dénonce les deux usurpations – impériale puis pontificale – aux dépens du peuple romain. Dante avait placé en enfer les conjurés qui abattirent César; Pogge les justifie. Autres sujets de débat: faut-il préférer la vie active (politique) ou contemplative (le savoir: Landino, Disputationes camaldulenses )? Quel est le souverain bien, la vertu ou le plaisir? Valla critique la vertu stoïcienne qui prétend vainement se suffire à elle-même, et la recherche illimitée du plaisir des sens; c’est la béatitude éternelle qui sera la véritable synthèse (De vero bono ou De voluptate ). Politien fait l’apologie d’Épictète. On réfléchit sur la vraie noblesse (c’est le mérite personnel), la fortune et la vertu, la fortune et le destin; on prend parti pour l’astrologie (Ficin, Pontano) ou contre elle (Pic). Chez Pogge, l’apologie de l’auaritia est l’esquisse d’une réflexion sur le rôle de l’argent dans la société. Que devient la morale chrétienne? Manetti (De dignitate et excellentia hominis ) réfute le pessimisme d’Innocent III (De miseria humanae vitae ), sans sortir de la tradition; Valla ruine la prétention des moines à être meilleurs chrétiens que les laïcs (De professione religiosorum ). On trouve par ailleurs chez Alberti des pointes contre la prière venues peut-être de Lucrèce; l’étonnant dialogue Eremita de Galateo s’attaque avec une ironie déjà voltairienne à l’Église et même à la religion.

2. La poésie latine en Italie (XVe s.-début du XVIe s.)

À Naples, une sorte d’académie se réunit autour d’A. Beccadelli, dit le Panormite (1394-1471), auteur de l’inconvenant Hermaphrodite , puis de Pontano, fécond auteur de poèmes didactiques comme l’Urania (sur l’astrologie), d’hymnes chrétiens ou païens, d’églogues, d’un De tumulis , de poèmes d’amour aux mètres variés (notamment les élégies du De amore conjugali ) et de charmantes berceuses. À Naples encore, J. Sannazar (1458-1530) renouvelle l’églogue par ses Eclogae piscatoriae ; dans le De partu virginis , les ornements païens ne gênent pas l’expression d’un sentiment chrétien réel. M. Marulle (1450-1500) est allé de Naples à Florence; plus que ses Épigrammes (quatre livres) où il chante, entre autres, son amour pour Néère et son exil loin de la patrie grecque, ses Hymni naturales admirés de Ronsard retiennent l’attention: les dieux païens qui sont autant d’aspects de la divinité unique, le Soleil (Macrobe), sont homologues au dieu chrétien, avec ses trois personnes ou qualités (Valla) et ses autres attributs (éternité, providence). En souvenir de Stace, le Toscan Politien intitule Siluae («improvisations») des poèmes descriptifs et mythologiques destinés à introduire ses cours sur des poètes grecs et latins; ils allient érudition et morbidezza . Les Eclogae , réalistes et moralisantes, du carmélite Battista Spagnuoli (1447-1516), dit le Mantouan, connurent un durable succès dans les écoles. Les brefs poèmes du Vénitien A. Navagero (1483-1520) ont une grâce légère dont La Prière d’un vanneur de blé aux vents , imitée par Du Bellay, donne l’idée. Son ami le Véronais G. Fracastor (1483-1553) vaut mieux que la douteuse gloire due au seul titre Syphilis siue morbus gallicus . M. J. Vida, de Crémone (1485-1566), a écrit, outre un poème sur le ver à soie et une fable sur l’origine du jeu d’échecs, un Art poétique et une Christiade qui narre en six chants la vie et la passion du Christ. En douze chants, le Zodiacus vitae de Palingenius (1500?-1540?) mêle critique acerbe du clergé et métaphysique de la lumière, en des vers aux accents mystiques qui soutiennent souvent la comparaison avec ceux de Lucrèce.

3. La littérature latine en Europe (XVIe s.)

Dès le deuxième tiers du XVe siècle, l’esprit nouveau se répand hors d’Italie et d’abord en Dalmatie et dans la Hongrie de Mathias Corvin, avec le poète J. Pannonius (1434-1472). L’imprimerie accélère ce mouvement, tandis que des lettrés italiens vont s’installer à l’étranger, comme les artistes feront peu après, et y enseignent. Parallèlement, des étudiants, des lettrés font le voyage en Italie. Dans les universités les professeurs d’humanae litterae (éloquence et poésie), les humanistae , attirent les foules qui désertent les cours traditionnels; un recueil de lettres parodiques, dû en partie à Hutten et paru en Allemagne en 1515, peint le désarroi des anciens professeurs devant ce latin étrange qu’ils ne comprennent pas, et qui est celui de Cicéron (Epistolae obscurorum virorum ). Des établissements inspirés par l’esprit nouveau se créent çà et là – ainsi à Paris le Collège royal. Pourtant vocabulaire et même syntaxe scolastiques subsistent à des degrés divers chez les théologiens: Zwingli (1484-1531), Bucer (1491-1551), Fauste Socin (1539-1604) qui importa l’antitrinitarisme en Pologne; les philosophes: l’aristotélicien Pomponazzi (1464-1525), les néo-platoniciens Bovelles (1479-1567), Telesio (1508-1588), Patrizi (1529-1597), Bruno (1548-1600), Campanella (1568-1639); les médecins: Paracelse (1493-1541), également alchimiste, Cardan (1501-1576), auteur du De subtilitate et d’un De vita propria apprécié de Goethe. Ce latin scolastique est aussi la langue des pères fondateurs de la science moderne: Copernic (1473-1543), Tycho Brahe (1546-1601), même Galilée (1546-1642). Tandis qu’en Italie l’œuvre en langue vulgaire de l’Arioste et du Tasse éclipse leurs poèmes latins, que P. Bembo (1470-1547) ou Sadolet (1477-1547) écrivent une prose d’un cicéronisme académique, la vie littéraire dans le reste de la chrétienté va pendant un temps être centrée autour d’Érasme (1467-1536). Dès sa première œuvre, celui-ci avait modifié le sens de «barbare» qui signifiait non plus «étranger, donc incapable de parler latin» (sens italien du mot), mais «ennemi des bonnes lettres», ce qui visait, en tout pays, moines et théologiens traditionnels. Dans le Ciceronianus (1528), il réplique aux détracteurs italiens de son style composite en traçant une plaisante caricature du parfait cicéronien. Cela lui valut en France les attaques furieuses d’E. Dolet (1509-1546) qui était cicéronien, et de Jules-César Scaliger (1484-1556) qui croyait l’être. D’où aussi un froid avec Guillaume Budé (1467-1540), grand savant, dont Érasme n’appréciait pas le style artificiel et sibyllin.

Faire le tour des relations d’Érasme à travers ses lettres (souvent billets familiers, et non épîtres méditées), c’est avoir une vue d’ensemble de la res publica litteraria d’alors. Il fut l’ami intime de l’Anglais T. More (1478-1535), créateur avec son Utopia d’une œuvre, d’un genre et d’un nom; on lui doit aussi l’histoire de l’avènement de Richard III et des épigrammes dont les plus émouvantes visent l’arbitraire et la cruauté des tyrans. Avec Lefèvre d’Étaples (1455-1536), ses relations restèrent courtoises, mais distantes: ses commentaires de saint Paul pouvaient plaire, mais non son attachement à Aristote, même vu d’un œil nouveau. Pédagogue et pacifiste, l’Espagnol Vivès (1492-1540) venu aux Pays-Bas trouva d’abord auprès de lui un accueil amical. Beatus Rhenanus (1485-1547) de Sélestat, commentateur de la Germanie de Tacite, fut son fidus Achates . Avec Ulrich von Hutten (1488-1523), tempérament passionné, poète lauréat (on lui doit l’amère litanie Nemo ), auteur de dialogues satiriques contre les courtisans et contre le clergé, ennemi juré de Rome qui pille les Allemands, les relations se rompirent brutalement. De même, entre Érasme et Luther (1483-1546) la différence de tempérament plus encore que les désaccords théologiques rendait difficile une entente durable; mais Luther a ressenti plus qu’on ne l’a dit le souffle venu d’Italie: il admire Valla, et son goût du paradoxe religieux (la justice divine ne saurait mieux se manifester qu’en se cachant sous l’apparence de l’injustice) doit sans doute quelque chose à la rhétorique italienne ou érasmienne. Avec Melanchthon (1497-1560), «éducateur de l’Allemagne», l’amitié fondée sur un amour commun pour les bonnes lettres et pour la conciliation ne se rompit jamais, preuve qu’il est absurde d’opposer comme incompatibles la Réforme et les humanae litterae .

Érasme n’occupe qu’une place réduite dans l’abondante production poétique du XVIe siècle. On chante l’amour en élégies, en hendécasyllabes, en épigrammes. À ces dernières se rattachent des genres inédits: l’emblème commente une image allégorique énigmatique (Alciat, 1492-1550), l’icon résume en deux vers la destinée d’un personnage célèbre (Bèze, 1519-1605); proche du jeu de société, le logogryphe, devinette en un ou deux vers, est dû à Scaliger, auteur d’un monumental et influent traité, Poetices libri VII . En Germanie, C. Celtis (1459-1508) décrit villes, sites, itinéraires; nommons aussi Euricius Cordus (1428-1535) et ses épigrammes, les Héroïdes d’Eobanus Hessus (1488-1540), les élégies et églogues de Lotichius (1528-1560). Ses Basia valent la gloire au Hollandais Jean Second (1511-1536). S. Macrin (1490-1557), l’«Horace français», chante son épouse Gélonis; E. Dolet est quelquefois assez bon poète dans des bagatelles licencieuses; en latin comme en français, Joachim du Bellay (1522-1560) chante en mineur et avec art l’exil, la séparation, les ruines. L’Espagnol Seron (1512?-1568?) mêle au réalisme familier le tragique du fait divers; on doit mentionner encore les Croates Sisgoreus (1440-1509), Marulus (1450-1524) et Cerva (1463-1520), le Portugais G. de Resende (1500-1573), les Polonais Janicki (1516-1542) et Kochanowski (1530-1583). Au théâtre, la comédie, imitée de Plaute et Térence, sera illustrée par le Hollandais Macropedius (1475-1558): Rebelles et Aluta ; Gnapheus (1493-1568), autre Hollandais, est l’auteur d’une comédie biblique, Acolastus , qui reprend le thème de l’enfant prodigue; l’Allemand Naogeorgus (1511-1578) dédie à Luther son Pammachius (le pape serviteur de Satan); Frischlin (1547-1590) dans son Julius redivivus montre César et Cicéron visitant l’Allemagne du XVIe siècle. M.-A. Muret (1526-1585) qui fut professeur et orateur à Rome est célèbre pour sa tragédie Jules César . L’Écossais Buchanan (1506-1582) qui enseigna au collège de Guyenne paraphrase en vers les Psaumes , fait la satire des Franciscains et donne deux tragédies bibliques, Jephté et Baptistes . Le Lillois Roulier, professeur à l’université de Douai fondée pour lutter contre le calvinisme, fait représenter et éditer en 1593 sa tragédie Stuarta (le «martyre» de Marie Stuart). Il s’agit là presque toujours, on le voit, d’un théâtre militant.

La dernière partie du siècle, profondément perturbée par les conflits religieux, verra paraître Jean Bodin (1530-1596), penseur de la politique, auteur aussi de l’Heptaplomeres qui compare les diverses croyances avec une préférence pour le théisme ou peut-être le judaïsme; sa figure est ternie par la Démonomanie des sorciers . Jacques Auguste de Thou (1553-1617) écrit avec sérénité et équité l’Historia sui temporis de 1543 à 1607. Le Belge Juste-Lipse (1547-1606), admirateur et éditeur de Sénèque et Tacite, remet en honneur le stoïcisme et substitue Tacite à Cicéron comme modèle de style; ses propres Lettres sont dans un latin concis, coupé, riche en pointes et ne fuyant pas l’obscurité.

4. Du XVIIe siècle à nos jours

À un rythme variable selon les pays, le latin continue à reculer devant les langues vernaculaires. Au XVIIe siècle, il reste la langue de la philosophie et de la science avec encore bien des traits scolastiques: Bacon, Descartes, Gassendi, Hobbes, Spinoza, en partie Leibnitz, et, pour finir, Wolff l’emploieront, mais aussi Harvey, Kepler (dont le Somnium appartient à la littérature des voyages sur la Lune), Huygens, Newton, Linné. En littérature, on le trouve dans Euphormion (1611) et Argénis (1621), romans à clés de l’Écossais Barclay, imité par le Français Guyet dans Gaeomemphionis cantaliensis satyricon (1628); les dialogues pornographiques de Nicolas Chorier, Aloysiae Sigeae satyra sotadica (1659). Mentionnons encore, en poésie, les Sylves des Hollandais Heinsius (1580-1655) et Grotius (1583-1645), l’auteur du De iure belli et pacis ; les pieuses odes horatiennes du jésuite alsacien Jacob Balde (1604-1653), les épigrammes satiriques de l’Anglais Owen (1564-1622), celles, aussi brillantes, du Danois Harderus (1641-1683), les épigrammes religieuses des Anglais Herbert (1593-1633) et Crashaw (1612-1649) où le goût de la pointe produit de splendides réussites, à côté d’effets artificiels. L’œuvre du grand philosophe de l’histoire, le Napolitain Vico (1668-1744), est en partie écrite en latin; il est agréable de terminer par un nom italien cette revue commencée avec Pétrarque. Aujourd’hui sont encore écrits en latin les encycliques pontificales, les introductions des éditions Teubner et quelques poèmes dispersés dans des revues à faible tirage.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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